lundi 9 juillet 2012

27 juin - 1er juillet Notes de voyage

27 juin

042-koupeJe quitte Penza par le train de 20H20. J'ai laissé le chien à la garde de Galina. Depuis que Frase a vu que je faisais mon sac elle se couchait à coté et je sentais son museau parcourir méthodiquement ce que je laissais et ce que je prenais.

Je voyage confortablement en « koupé ». Ce compartiment peut abriter quatre voyageurs mais nous ne serons que deux. Il y a la télévision. Tout est neuf, silencieux. Plusieurs musiques accompagnent l'embarquement. Au moment du départ les hauts parleurs diffusent une joyeuse marche...

28 juin

061-Eurofamille Gennady et AlexMoscou. J'y consacre une fiche par ailleurs. Ma préoccupation est de retirer mes billets à l'agence EVROSEMIA- EUROFAMILLE à laquelle j'ai demandé d'organiser mon déplacement aller et retour vers Vladivostok. Je suis attendu par Alex et Gennady (ci-contre) qui se souviennent d'ailleurs parfaitement de mon premier passage dans cette ville.

Je recommande chaudement cette agence aux autre voyageurs qui sont à la recherche de circuits sur mesure et à prix modéré. Nos interlocuteurs parlent parfaitement le français. evrosemia@hotmail.com T +7(495)690 18 10

Je reviens ensuite tranquillement à la gare de Kazan de laquelle mon train doit partir à 13h10.

116- cote couloir en platskartLe train est mis à quai à peine 20 minutes avant le départ. Je voyage en Platskart, (ci-contre) voiture non compartimentée ou troisième classe. La « provodnitsa » distribue les matelas, les deux draps et la serviette de toilette. Les compartiments ouvrent sur un couloir le long duquel se situent également deux couchettes.

103-julia et Valentina

 

 

Il y a là Julia étudiante, Rima retraitée de la police (ci-contre) et Valentina qui partent pour un déplacement de cinq heures vers leur maison familiale.

117-Valentina et Alex

 

Un compartiment plus loin voyagent trois français : François, Johana et Nikaulaus. Ils vont également sur Irkust et ont le projet de remonter tout au nord du Baïkal. En face d'eux Valentina et Alex (ci-contre) , un couple de bouriates (habitants de la Bouriatie- autrefois province mongole située au sud-est du lac Baïkal) ouvre boite de vivre sur boite. La fraternisation ne va pas tarder à s'installer autour de bouteilles de vin français.

Dans la nuit de jeunes militaires s'installent dans le wagon. Ils ne font pas de bruit et je dors profondément bercé par le roulement de l'acier sur l'acier.

29 juin

Je me réveille à 7Heures alors que le train stationne brièvement dans une petite gare. Et j'observe le soleil se lever sur un paysage de bois de bouleaux denses.

Nous croisons de nombreux trains qui transportent des produits pétroliers ou du minerai de charbon.

A 16H le train accoste aux quais de la ville d'Ekaterimburg. Je sais que derrière la gare se déploie une ville superbe. Je ressens la première frustration de ce voyage de ne pas pouvoir retourner fouler le pavé de villes où je me suis senti bien.

112-vendeurs de verrerie à un arretDes bohémiennes mendient sur le quai et je perçois bien la détestation dont elles font l'objet de la part des russes.

(ci-contre, vendeurs de verreries à un arrêt)

J'ai acheté pour mon repas une barquette de nouilles chinoises. Les militaires entament leurs rations et ouvrent des boites de pâté appétissantes. Il me vient des envies de saucisson.

 

223-coucher de soleil sur le transibérienJe poursuis la lecture de « Dans les forets Sibériennes » de Sylvain Tesson. Dans ce livre il raconte 6 mois passés dans une cabane de bois au bord du Baïkal. Et sa sa confrontation au froid, au silence et à la solitude. Au delà de la performance physique j'admire sa démarche intellectuelle. Et je suis sensible aux passages où il découvre l'attachement que deux chiens lui portent. Ces animaux ne sont ils pas des passeurs d'âme ?

Je note la pensée de Henri de Monterlant « La liberté existe toujours, Il suffit d'en payer le prix » (carnets 1957)

Ce soir Nikolaus ouvre une bouteille de beaujolais que nous dégustons en regardant la steppe défiler sous nos yeux.

30 juin.

2H du matin. Arret à Ishim. Il fait clair. La provodnitsa passe son balai entre les couchettes profitant de la place que lui laissent les dormeurs.

Je me lève à 7H et constate que les militaires dorment toujours. Ce sont de jeunes appelés qui rejoignent leur cantonnement . Ils sont originaires de la même ville (nom incompréhensible)

Il suffit d'aller au samovar en bout de wagon remplir son gobelet d'eau chaude pour boire un bon thé.

J'occupe la banquette couchette du bas. Il y a un coffre en dessous dans lequel j'ai rangé mon sac. C'est un élément de sécurité, encore que, que vu la proximité dans laquelle nous évoluons je ne sais pas si la possibilité de vol existe. Il faut néanmoins partager la petite table. Et l'occupant de la couchette supérieure lorsqu'il remue envoie des bouffées généreuses de poussière sur votre sandwich ou dans votre thé. Il faut regarder cela avec philosophie.

205-julia tire les cartesLe paysage est maintenant différent. Quelques villages aux maisons de bois gris et aux potagers bien tenus défilent le long des voies. Les boqueteaux de bouleaux se sont espacés et des nuées de fleurs des champs font des tapis changeant de jaune et de mauve.

Julia tire les cartes…

8H46. Tatarskaia. Le ciel est gris. Il a plu. Je cherche à identifier sur ma carte les paysages traversés. La route paraît assez éloignée du tracé ferroviaire.

14H 30 Novossibirsk. Les heures du train correspondent toujours à l'heure de Moscou. Mais au fur et à mesure que nous nous déplaçons vers l'est il faut ajouter une heure par jour pour avoir l'heure du lieu. Achat de glace et de charcuterie .

184-un arret du transib 197-Les -provodnitsa surveillent le départ

un arrêt du Transsibérien

les provodnitsa surveillent le départ

18H. Les militaires nous quittent. Comme dans toutes les armées du monde ils sont prêts plus d'une heure avant l'arrêt. Chacun vérifie la conformité de son uniforme aux standards de l'armée russe. Le sergent inspecte..

151-Julia et NikolausSoirée française au Montbazillac et au vin de Loire (ci-contre) avec Valentina et Alex, bouriatres d'Oulan Oude. Margarita enseignante en petites classes se joint à nous. Elle parle un anglais impeccable.

1 juillet Dimanche

Une jeune bouriatre un peu arrogante parce que très belle , une jeune russe rousse et une trentenaire élégante ont pris la place des militaires..

Je me réveille à une heure du matin (heure de Moscou) Il doit être quatre heures localement. Toute une humanité est blottie sous les draps blancs et bleus.

175-transibérien en platskart 161-dans le transib

Et je me réveille à nouveau vers 3H30 lorsque le train quitte Krasnoiark. Il franchit le majestueux Inissei. Je distingue deux kilomètres plus haut vers le nord le pont routier que j'ai emprunté l'an passé.

La voie serpente et grimpe dans des collines bien marquées. La végétation commence à changer. Les sapins deviennent plus nombreux. Je trouve aussi qu'il fait plus frais.

217-pour le petit dejeunerComme les autres matins j'achète à la vielle dame qui parcourt le train avec son petit panier en fer, un «piroki» brulant. (40Rb) C'est une pâte à pain fourrée de pommes de terre. Hier c'étaient des légumes. Il faut du thé noir pour faire passer ça.

6H20 Sosernaia. La fille brune descend.

Je lis « L'art de la méditation » de Matthieu Ricard. Ce livre est admirable. Tout paraît simple. Et pourtant....

136-anniversaire de FrançoisNouvel arrêt assez long. Nous cherchons de la vodka pour fêter l'anniversaire de François, et oui 23 ans..Nous fêterons au saucisson et à la bière en boite Baltika N°7!

Le train arrive à Irkurst. Il est 22H, heure de Moscou, 3H du matin en heure locale. La différence d'heure est de 5H avec Moscou,7H avec Paris.

Je trouve un banc accueillant dans la salle d'attente pour attendre le minibus de 8H30 qui doit assurer le transfert vers l'ile d'Olkhon.

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