mercredi 31 décembre 2014

L'Alliance Franco Russe -1891-1914


L'Alliance Franco Russe -1891-1914



L'alliance franco -russe fut conclue à la fin du 19em siècle pour faire face à la triple alliance. Cette dernière concernait l'Empire allemand, l'Autriche-Hongrie, et l'Italie. Cet accord stipulait que les deux pays devaient se soutenir mutuellement s’ils étaient attaqués par un des pays de la « Triplice ».

En effet le départ de Bismark en 1890 marquait le fin de l'entente entre les empereurs Allemand, Autrichien et Russe. Bismark craignait une guerre de revanche de la part de la France qui avait perdu l'Alsace et la Lorraine en 1870. Toutefois à la suite d'une maladresse de Bismark en 1875 l'empereur Russe prit ses distances avec cette politique, d'autant plus qu'il se méfiant également des visées expansionnistes de l'empereur d'Autriche François Joseph. Alexandre III en 1890 prit contact avec le président Français Sadi Carnot.

Cette prise de contact n'était pas exempte de sous entendu économiques. la Russie souhaitait bénéficier des capitaux français pour financer l'industrialisation rapide de son immense Empire. D'ailleurs en 1888, un emprunt russe était émis à Paris. Le régime républicain de la France l'isolait des monarchies européennes, mais en s'alliant avec un Empire connu pour son conservatisme elle retrouvait une légitimité diplomatique.

Un accord fut conclu à l'été 1891 par un échange de lettres entre le ministre des Affaires étrangères puis une convention militaire secrète fut signée le 17 août 1892 par le général adjoint du chef d'État-major français, et son homologue russe .

Elle prévoyait une mobilisation mutuelle dans les deux pays en cas de mobilisation d'une des puissances de la Triplice ; une intervention russe contre l'Allemagne si l'Allemagne ou l'Italie (soutenue par l'Allemagne) attaquait la France ; une intervention française contre l'Allemagne si l'Allemagne ou l'Autriche-Hongrie (soutenue par l'Allemagne) attaquait la Russie.

Cette convention était purement défensive et empêchait la France de mener une guerre de revanche. Il était prévu qu'elle engagerait 1 300 000 hommes contre l'Allemagne et que la Russie en engagerait 800 000.

L' histoire de cet accord est ponctuée de rencontres qui d'Alexandre III et de Sadi Carnot à Raymond Poincaré eurent souvent pour cadre des visites des marines militaires.

En 1891 l'escadre française menée par l'Amiral Gervais à mouillé à Cronstadt. L'empereur Alexandre II leur réserva un accueil chaleureux.

En octobre 1893 l'escadre Russe rendit la visite et débarqua à Toulon. Cette visite suscita un vaste enthousiasme qui se concrétisa par des réceptions et des cadeaux. Certains de ceux-ci sont présentés au musée de la marine à Toulon dont sont issus les documents présentés.

L'état major russe mené par l'Amiral Avellan a traversé la France et reçut un accueil chaleureux à Marseille Lyon et Paris. A la suite de cette visite la convention militaire fut ratifiée par les deux gouvernements. Et la pratique de rencontres amicales s'est alors mis en place.

Parmi les cadeaux présentés se trouvent plusieurs samovar en cuivre.
samovar
Il s'agit d'objet symboliques de la nation Russe et en tant que tels constituent de parfaits cadeaux diplomatiques. Ces « fontaines à thé », dont le nom signifie « qui bout par lui même » étaient produites dans les manufactures de Toula, capitale du samovar. Cette ville située à 200km au sud de Moscou est un grand centre métallurgique. Depuis 1712 une fabrique d'armes y a été installée par Pierre Le Grand.

En 1896, le jeune empereur Nicolas II et son épouse l'impératrice Alexandra firent un voyage officiel en France qui eut un grand retentissement dans tout le pays. La Russie était la seule alliée de la France, France dont toute l'Europe se méfiait. Le couple visita Compiègne et Paris. À cette occasion Nicolas II posa la première pierre du Pont Alexandre-III, ainsi nommé en l'honneur de son père et symbole de l'amitié franco-russe.

L'année suivante en 1897, le président Félix Faure se rendit en visite officielle à Saint-Pétersbourg et posa la première pierre du Pont de la Trinité sur la Néva en l'honneur de l'alliance.

En août 1899, le ministre français Delcassé négocia un renforcement de l'Alliance franco-russe : désormais la France pourrait soutenir la Russie dans sa politique balkanique si la Russie soutenait la France dans la question d'Alsace-Lorraine.

En septembre 1901, Nicolas II est en visite officielle en France, provoquant l'enthousiasme de l'opinion publique. Les manœuvres auxquelles il assiste avec le président de la république, Émile Loubet à Bétheny, près de Reims, entraînent la participation de 120 000 hommes !
diner commun des équipages russes et français

D'un point de vue économique et financier, plus d'un tiers de l'épargne des ménages français était alors consacré à l'industrialisation de la Russie, principalement dans les chemins de fer (comme pour le Transsibérien) et à la modernisation du pays (réseaux bancaires).

Plusieurs milliers de Français, artisans, commerçants, ingénieurs, étaient partis s'établir dans les grandes villes économiques de l'Empire. De nombreux instructeurs militaires et du matériel militaire, ainsi dans l'aviation naissante, étaient réclamés par la Russie. Ces échanges étaient facilités par l'emploi de la langue française, alors extrêmement répandue, dans les classes instruites et obligatoire dans le système d'enseignement secondaire russe de l'époque.

Lorsque la Russie déclare la mobilisation partielle contre l'Autriche-Hongrie le 29 puis générale contre l'Allemagne le 30 juillet 1914, la convention secrète s'applique et la France déclare la mobilisation générale le 31 juillet.

Cet accord deviendra caduque lors de la révolution Russe d'octobre 1917.

Sources : Musé de la marine Toulon;Wikipédia.


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